TOP SAUCISSE – Best waterboys ever

Aux Girondins de Bordeaux, il est un poste dont on se soucie peu : gardien de but. Une place de choix remplie aussi efficacement que sporadiquement. Si les séjours dans les cages de Lescure et du Matmut-Atlantique ressemblent souvent à des mandats présidentiels, c’est parce que les joueurs en valent la peine, évidemment, mais aussi parce que la continuité et la longévité sont des concepts chers aux bordelais du football. Mais pour un Bergeroo, un Dropsy ou un Ramé, combien d’hommes sacrifiés? Pour un Delachet, un Huard ou un Carrasso, combien ont accepté de loger sur un banc glacial des mois durant? Hommage à ces porteurs d’eau qui n’avaient qu’une seule mission : être là “au cas où”.

 

Par Matthieu Rostac. Who the Fuck!!?

 

Bernard Michelena (1965-1967 puis 1968-1972, 27 matchs)

Le waterboy originel. Durant ses cinq saisons au club, Bernard Michelena aura vu trois gardiens lui passer devant : Jean-Claude Ranouil lors de sa première saison chez les Marine et Blanc, puis la légende Christian Montes revenu au club pour cinq ans, avant de voir la recrue du FC Rouen Pierre Rigoni le pousser vers la retraite, à 30 ans. Habitué des coulisses, Michelena rentrera vite dans l’organigramme des Girondins en s’occupant du centre de formation du club avant d’être nommé entraîneur des gardiens de l’effectif pro – le premier de l’histoire – puis… Adjoint d’Aimé Jacquet, jusqu’au départ de ce dernier.

 

Bernard Michelena s’est glissé sur cette photo, saurez-vous le reconnaître ?

 

Philippe Sence (1988-1989 puis 1990-1993, 21 matchs)

En 1987, les Girondins de Bordeaux remportent leur troisième Coupe de France contre l’Olympique de Marseille. Mais c’est un autre Olympique qui a tapé dans l’oeil de Jacquet et ses ouailles : celui d’Alès, qui leur a tenu tête en demi-finale (2-2 puis 0-0). Dans les cages, une incroyable coupe au bol du nom de Philippe Sence. Recruté pour suppléer Dominique Dropsy, le natif de Hazebrouck ne joue que quatre matchs avant de filer gagner du temps de jeu au FC Mulhouse, un échelon plus bas, pour finalement revenir à Bordeaux jouer les doublures des indétrônables Joseph-Antoine Bell puis Gaëtan Huard. Makes Sence.

 

Philippe Sence, dit la pucelle de Rouen

 

Frédéric Roux (2000-2006, 37 matchs)

Avec un nom pareil, Frédéric Roux ne pouvait être qu’un anonyme. D’ailleurs, il avait plus une dégaine à se rendre au Reggae Sun Ska plutôt qu’au stade dans le rôle du seizième homme. Champion de Division 2 avec son club formateur du AS Nancy-Lorraine, Roux fait une courte escale à La Berrichonne avant de rouler quelques centaines de kilomètres au sud pour poser ses valises au Haillan. Aux Girondins, recruté malgré une belle cagade face au club dans les cages nancéiennes lors de la saison 98/99, il deviendra le gardien des coupes du club et remportera la Coupe de la Ligue en 2002 avant de filer devenir titulaire à Ajaccio en 2006.

 

Imparable intox de gardien de but : traiter les attaquants de loser.

 

Teddy Richert (1999-2000, 1 match)

Probablement le seul de cette sélection qui peut inspirer des regrets, Teddy Richert n’est resté qu’une petite saison aux Girondins de Bordeaux, le temps d’assister à la montée en puissance d’un intouchable et néo-Bleu Ulrich Ramé. Un seul match de Ligue des champions contre Willem II et Teddy se barre au LOSC en prêt puis à Sochaux. Dans le Doubs, il touchera du bout du doigt la possibilité de marcher dans les pas de Ramé et devenir troisième gardien de l’Equipe de France en 2006. Rôle qui échoira finalement à Sébastien Frey et/ou Mickaël Landreau. Teddy Can Fail.

 

« Willem II ? Pff, en plus j’ai même pas vu le premier… » 

 

Lionel Perez (1993-1996, 19 matchs)

Une crinière de lion. C’est souvent ce dont se rappellent les supporters des Girondins à l’évocation du nom de l’ancien Croco Nîmois Lionel Pérez. Une chevelure qui correspond tout à fait au style de celui venu remplacer Philippe Sence sur le banc girondin : une robustesse et une agressivité qui compense de véritables limites techniques au poste. Avec un tel CV, il était écrit que Pérez finirait dans le ventre mou en Premier League. Signé par le promu Sunderland en 1996 comme backup de Tony Coton, le natif de Bagnols-sur-Cèze finira titulaire pendant deux saisons, le temps de se prendre le légendaire lob de Cantona contre Manchester United, avant de se finir tranquille dans les divisions inférieures anglaises.

 

Attention, gardien méchant

 

Marc Delaroche (1998-1999, 5 matchs)

 
Après Pérez et Sence, Marc Delaroche est venu garnir le contingent de waterboys qui ont suivi le Canal du Midi de Bordeaux à Nîmes en inversement dans les nineties. Avec sa gueule de comptable montée sur un corps de déménageur, Delaroche a débarqué au Haillan en janvier 1998 pour remplacer numériquement la fausse bonne affaire Stanley Menzo. Son premier match aux Girondins, un 16e de finale de Coupe de la Ligue face à Mulhouse, est également celui d’Elie Baup. Un an et demi et cinq rencontres plus tard, le gardien obtient son unique titre de champion de France. Un comptable, qu’on vous disait.

 

Tchutchut, pas de marque !